Oracle est le système de gestion de base de données relationnelles (SGBD) le plus utilisé dans le monde et sa dernière mouture, la 12c, est sortie depuis quelques mois. C’est exactement le genre d’outil qu’il est toujours utile, voir indispensable, d’avoir sous la main qu’il s’agisse de se familiariser avec le produit, de tester quelques codes SQL, ou d’entreprendre un développement plus complexe.

Le propos de ce billet va être d’expliquer les étapes d’installation de Oracle 12c sur windows8 (x64). Nous verrons ensuite comment utiliser l’outil SQLDeveloper, distribué avec le SGBD, pour tester l’installation et comment accéder au monitoring des bases de données via la console « Enterprise Manager » (EM).
oracle_EMConsole

Détails techniques

Concernant l’aspect outillage, le packaging fourni par Oracle est très complet, les seules sources nécessaires sont donc à rechercher du coté du site Oracle. La version utilisée ici est celle adaptée pour Windows8 x64 : Oracle 12c
En revanche, coté configuration, l’installation d’un produit Oracle nécessite de se familiariser avec quelques termes spécifiques qui serviront au paramétrage :
ORACLE_HOME : Il s’agit du répertoire dans lequel seront installés les produits Oracle. Windows va utiliser en parallèle un répertoire « Oracle » dans « C:\Program Files » dans lequel sera conservé l’inventaire des produits Oracle installés. Du coup, pour éviter les collisions, nous utiliserons ici : C:\Oracle12c
DB_HOME : Répertoire d’installation du SGBD, ici : < ORACLE_HOME >\product\12.1.0\dbhome_1
SID : Pour System Identifier, correspond à un nom unique permettant d’identifier une base de données, ici : orcl12c
SYS / SYSTEM : Pour simplifier, il s’agit des deux utilisateurs par défaut possédant les droits DBA (DataBase Administrator) sur une base de données, ici : nous utiliserons des mots de passe simples : SYS/SYS et SYSTEM/SYSTEM
JDK_HOME : Répertoire du jdk distribué avec le SGBD, ici : < DB_HOME >\jdk
SQLDEV_HOME : Répertoire d’installation du SQLDeveloper distribué avec le SGBD, ici : < DB_HOME >\sqldeveloper
OC4J_HOME : Répertoire d’installation de l’oc4j distribué avec le SGBD, ici : < DB_HOME >\oc4j

Installation

Assurez vous de disposer des deux archives, winx64_12c_database_1of2 et winx64_12c_database_2of2, disponibles à partir du lien vu plus haut. Commencez par extraire les deux archives dans un même répertoire. Vous devriez obtenir un répertoire « database », l’opération étant complète si il contient trois répertoires, un fichier « welcome.html » et l’executable de lancement de l’installation, « setup.exe ». Utilisez ce dernier pour lancer le processus d’installation.

L’installation se présente sous la forme d’un enchainement d’écrans de configuration. Les deux premiers d’entre eux ont pour but de définir la stratégie de mise à jour de l’installation qui va être réalisée. Ici, pour un usage local ponctuel, nous allons simplement désactiver les mises à jour de sécurité. Le clic sur « Suivant » provoque l’apparition d’un warning sur lequel il faut confirmer le choix de « ne pas être informé… ».
oracle_install_1
L’écran suivant est lui dédié aux mises à jour logicielles de l’installation. Ici, à nouveau, nous allons simplement ignorer les mises à jour et valider l’écran.
oracle_install_1
Les étapes 3 et 4 concernent les options d’installation. En l’occurrence, ici, nous allons choisir de « créer et configurer une base de donnée » au moment de l’installation.
oracle_install_1
L’option de « Classe système » est destinée à permettre l’activation d’options de configuration complexes. Dans le cadre de notre usage « récréatif », nous nous contenterons de la « Classe Bureau ».
oracle_install_1
Etape 5, il s’agit du premier point chaud de l’installation. Pour des raisons de sécurité, Oracle souhaite générer le répertoire < ORACLE_HOME > à l’aide d’un utilisateur Windows disposant de droits limités (tout cela ne va pas simplifier la désinstallation…). Ici, j’ai choisi de créer un compte utilisateur « Oracle12C » (auquel je ne compte pas accéder), mais l’utilisation du « compte intégré Windows » semble satisfaisant aussi.
oracle_install_1
Enfin, l’étape décisive, c’est ici que doivent être défini les répertoires d’installation, le type de base, le SID, un mot de passe d’administration, … La première case est alimentée avec la valeur < ORACLE_HOME > et permet la mise à jour automatique des deux cases suivantes. Les deux listes déroulantes sont conservées à leurs valeurs respectives par défaut. Ensuite, il s’agit de définir le nom global de la base de donnée, « orcl12c.mshome.net », par la suite nous pourrons utiliser le < SID >, « orcl12c ». Enfin, enregistrez un mot de passe d’administration, et désélectionnez la case proposant de créer une base pluggable.
oracle_install_1
Cette étape, la 8ième, fait suite aux vérifications d’espace avant installation (étape 7, aucune saisie utilisateur). Elle présente le résumé des configurations choisies et permet d’enregistrer les choix sous forme d’un fichier qui sera utile pour reproduire l’installation si nécessaire.
oracle_install_1
Finalement, l’installation est lancée. Elle se passe en trois temps : copie des sources, configuration et installation du SGBD, et création d’une base. Vous allez pouvoir allez vous chercher un café, l’installation dure au moins une dizaine de minutes, mais ne vous éloignez pas trop car vous aurez à autoriser l’accès à travers votre firewall à deux reprises (pendant la phase de configuration et au début de création de la base).
oracle_install_1
Si tout est ok, et j’espère que c’est le cas, vous obtiendrez alors le dernier écran récapitulant quelques infos clés et fournissant l’url de la console EM. Ne vous jetez pas immédiatement dessus, il reste un dernier paramétrage à effectuer : définir des mots de passe pour les comptes DBA SYS et SYSTEM de notre base. Pour cela, choisissez le bouton « Gestion des mots de passe… » et saisissez (et confirmez) les mots de passes souhaités, ici nous utiliserons SYS/SYS et SYSTEM/SYSTEM.
oracle_install_1

La console EM

Enfin, votre installation semble complète et vous allez pouvoir accéder à la fameuse console EM. Par défaut, celle-ci est disponible à l’URL : https://localhost:5500/em/login. Pour vous y connecter, vous devrez utiliser un des deux comptes DBA en cochant la case « en tant qu’utilisateur SYSDBA ». Si tout s’est déroulé comme attendu, le design est celui présenté ci-avant et que vous pourrez retrouver ici : Oracle EM. En l’état il ne s’y passe pas grand chose, mais assez vite vous serez amené à vous en servir, par exemple pour créer un nouvel utilisateur ou pour manipuler vos tablespaces…

SQLDeveloper

La distribution Oracle 12c embarque un outil de manipulation de données très pratique, concurrent de Toad, qu’il faut absolument tester si vous ne le connaissez pas encore : SQLDeveloper. Cet outil se trouve dans < SQLDEV_HOME > mais vous trouverez un raccourci créée automatiquement dans les menus de démarrage windows sous « Oracle – OraDB12Home1\Développement d’applications ». Au premier lancement, il vous faudra préciser le jdk devant être utilisé. Pour rester cohérent, je vous propose d’exploiter le jdk distribué avec Oracle 12c que vous trouverez dans < JDK_HOME >, l’adresse à indiquer étant alors : « < JDK_HOME >/bin/java.exe ».

Une fois l’outil démarré, il ne vous reste plus qu’à créer une nouvelle configuration, comme ici « Connec_orcl12c_SYS », et l’explorateur vous permet alors de découvrir les différents éléments constitutifs de votre base de données : tables, procédure, utilisateurs, etc…
sqlDev_conf_1

OC4J

Une autre petite curiosité distribuée avec Oracle 12c est oc4j. Il s’agit littéralement de « Oracle Container For Java », un serveur d’application j2ee léger produit par Oracle à mi chemin entre Tomcat et des vrais serveurs j2ee tels que Weblogic ou la version Oracle complète, Oracle Application Server (OAS). Il est distribué ici dans une version simplifiée à réserver à des usages en développement et qui doit être démarré manuellement lorsque vous souhaitez l’utiliser. Pour le démarrer, rendez vous dans le répertoire d’installation « < OC4J_HOME >/j2ee/home », ouvrez une invite de commande (clic droit en maintenant Shift + « Ouvrir une fenêtre de commande ici »), et saisissez simplement « java -jar oc4j.jar ». Vous devriez obtenir le résultat suivant :

Votre serveur est maintenant démarré et vous pouvez accéder à sa page d’accueil : http://localhost:8888/. Malheureusement, vous vous rendrez vite compte que cette version à été « allégée », par exemple elle est distribuée sans sa console d’administration nommée « Application Server Control » et le lien proposé en haut à droite de la page, dans « OC4J Management », est ainsi non fonctionnel.
oracle_oc4j_start

Désinstaller Oracle 12c

Avant de conclure, il me semble nécessaire d’apporter quelques précisions sur la désinstallation d’Oracle 12c. Le sujet pourrait mériter à lui seul un nouveau billet car ça n’est pas forcément trivial. En effet, Oracle installe à la fois la base de données et un répertoire commun aux produits Oracle, dans « C:\Program Files\Oracle », contenant l’inventaire des éléments installés. La désinstallation de base s’effectue via l’installer universel disponible dans « < DB_HOME >/oui/bin » mais celui-ci désinstalle la base en laissant le répertoire commun ainsi qu’un certain nombre d’entrées dans le registre Windows. Par ailleurs, la création du répertoire ayant été réalisé par un utilisateur windows différent, les 2 fichiers de sécurité situés dans « < ORACLE_HOME >\admin\orcl12c\xdb_wallet » sont « verrouillés ». Il faut alors modifier leur configuration de sécurité afin de pouvoir supprimer l’ensemble du répertoire < ORACLE_HOME >. Ces différents éléments, si ils ne sont pas supprimés, peuvent conduire à des dysfonctionnements inattendus en cas de réinstallation comme par exemple l’installeur considérant que la base à créer existe déjà car il reste une entrée dans le registre qui le lui indique. Je ne peux que vous conseiller de vous documenter sur internet en cas d’erreur; le tutoriel suivant par exemple pourra surement vous aider en cas de désinstallation : desinstallation complète et propre d’Oracle

Conclusion

Vous disposez désormais d’une petite installation Oracle perso pour vos tests ou vos développements, profitez en bien! N’hésitez pas à vous documenter sur OC4J et sur SQLDeveloper, ce dernier pourrait bien devenir votre logiciel favori de manipulation de données si ça n’est pas déjà le cas…

1 commentaire

Une réponse à Oracle 12c : installation sur windows 8

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